Hydro-Québec suspend les travaux de déboisement jusqu’au 15 janvier

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(Saint-Adolphe-d’Howard, le 15 décembre 2017) – L’audition de la demande d’injonction déposée par la Municipalité de Saint-Adolphe-d’Howard en Cour supérieure visant la suspension des travaux de déboisement entrepris sur son territoire dans le cadre du projet de ligne à haute tension d’Hydro-Québec Grand-Brûlé/Dérivation Saint-Sauveur d’Hydro-Québec a été reportée au 12 janvier.

La requête en injonction, qui devait être entendue hier, le jeudi 14 décembre à Montréal, vise Hydro-Québec, l’entrepreneur exécutant les travaux ainsi que le Ministère de l’Environnement (MDDELCC) qui a émis les certificats d’autorisation à Hydro-Québec. En raison de l’absence de l’entrepreneur jeudi, la juge a choisi de reporter l’audience au 12 janvier 2018.

Les parties ont par ailleurs convenu d’une entente selon laquelle Hydro-Québec acceptait volontairement de surseoir aux travaux de déboisement à Saint-Adolphe jusqu’au 15 janvier prochain, exception faite d’une section de 600 mètres à la limite de Montcalm qui était de toute manière exclue du segment visé par le projet d’enfouissement partiel défendu par la Municipalité.

Les fondements de la requête

Dans sa requête, la Municipalité réclame la suspension du projet le temps que le tribunal en révise les aspects légaux, notamment la manière dont le gouvernement a pris en compte les aspects environnementaux, économiques et sociaux du passage de la ligne aérienne dans un secteur à haut capital paysager, et ce, dans un contexte où, tout comme la forêt Hereford, on dispose d’une solution alternative d’enfouissement partiel.

Située à moins d’une heure de Montréal, Saint-Adolphe-d’Howard est réputée pour la richesse de ses paysages et de ses 85 lacs. Aire de jeu de prédilection des adeptes de plein air et de skieurs, Saint-Adolphe est aussi le lieu de répit de nombreux villégiateurs qui l’ont choisie pour la beauté de ses panoramas exceptionnels. Depuis bientôt cinq ans, la Municipalité et un comité de citoyens,  le comité aviseur, mènent une bataille afin de préserver le capital paysager de Saint-Adolphe menacé par le sillage d’une ligne biterne à 120 Kv d’Hydro-Québec. La Municipalité a tout tenté pour faire réduire les impacts environnementaux du passage de la ligne sur son territoire. En juin dernier, inspirée des projets d’enfouissement Northern Pass et Hertel-New-York, Saint-Adolphe a élaboré un tracé d’enfouissement partiel d’environ 10 km. Cette proposition a été rejetée par Hydro-Québec, qui la juge trop coûteuse.

La Municipalité exhorte la Cour à demander à Hydro-Québec de suspendre le projet de construction de ligne à haute tension sur son territoire estimant que ce projet est   « préjudiciable, capricieux et discriminatoire ». La Municipalité demande également que la Cour annule la décision du ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques d’émettre les certificats d’autorisation alors que ce projet d’Hydro-Québec contrevient à 14 des 16 principes de développement durable de la Loi sur l’Environnement. Au surplus, le Ministère a émis lesdites autorisations en faisant abstraction de l’existence d’une solution d’enfouissement partiel rejoignant tous les avantages recherchés, tant sur le plan du développement durable que de l’acceptabilité sociale, solution qui a été reconnue techniquement réalisable par Hydro-Québec.

Hydro-Québec a fait appel au prestigieux cabinet d’avocats McCarthy-Tétreault pour la représenter dans cette cause. En plus des trois avoués de cette firme, deux avocats du contentieux de la Société d’état la représentent dans ce litige contre Saint-Adolphe-d’Howard. Pour sa part, la Municipalité est représentée par Me Felipe Morales, lequel a défendu la Coalition pour la sauvegarde du mont Kaaikop, lieu de plein air à vocation récréotouristique visé par des coupes forestières.